Génération « à promesses », génération qui promet !

Lors de ces deux dernières Assemblées plénières (nom donné aux assemblées générales), le CNEF a réfléchi à la transmission trans-générationnelle. Cette question dépasse largement le cadre de l’Église si l’on en croit les enquêtes qui étudient les caractéristiques -positives ou négatives- des générations Y ou Z.

Une bonne réflexion pour éliminer les a priori que nous portons tous en nous.

J’entends souvent des responsables évangéliques se plaindre : « Ah ! les jeunes… ils ne trouvent pas leur place dans l’Église, ils papillonnent, ils ne s’engagent jamais pour longtemps… ». Leurs frustrations s’expriment en des termes sensiblement identiques. Pourtant, avez-vous entendu parler de l’attitude « à promesses »1 ?

« L’attitude “à promesses” n'est pas seulement une formule magique qui marche ; heureusement, elle est plus que cela : c'est un ensemble de principes basés sur la foi et appliqués avec amour à l'enfant [aux jeunes] que nous accompagnons, étayés par la théorie et la recherche pédagogique et psychologique. Elle est fondée sur le fait que nous avons un Dieu qui nous aime, qui aime nos enfants [les jeunes], et qui désire absolument qu'ils réussissent. Par bonheur, ce n'est pas nous qui décidons de l'efficacité de notre accompagnement ; le champ d'action, les moyens et le contrôle de Dieu dépassent de loin les nôtres ; en fin de compte, c'est Lui qui agit avec nos enfants [les jeunes] et son emploi du temps est différent du nôtre. Il comprend bien mieux que nous leur libre-arbitre. Et il nous rassure absolument en nous disant que nous ne sommes pas les maîtres de la situation, mais que c'est Lui qui la contrôle2. »

Et nous, responsables d’Églises, discernons-nous les promesses qui accompagnent la génération montante ? Et si notre confiance en Dieu et en elle changeait ? Et si notre regard, parfois critique, devenait un regard bienveillance et confiant ?

Sans doute Paul avait-il trouvé le secret d'une telle attitude lorsqu’il s’adressait à un très jeune leader, qui n’était pas de sa génération :

« Que personne ne méprise ta jeunesse… sois un modèle pour les croyants... applique-toi à lire les Écritures dans l'assemblée... à encourager, à enseigner… Ne néglige pas le don que tu as reçu… Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles…Veille sur toi-même et sur ton enseignement… Je garde le souvenir de ta foi sincère… N'aie donc pas honte de rendre témoignage au sujet de notre Seigneur… Toi donc, mon enfant, puise tes forces dans la grâce qui nous est accordée dans l'union avec Jésus-Christ… Efforce-toi de te présenter devant Dieu en homme qui a fait ses preuves...3 »

Quelle confiance, quels encouragements Paul ne prodigue-t-il pas à son jeune collaborateur ! N’avait-il donc pas identifié des limites, des faiblesses, voire des failles chez Timothée ? Sans aucun doute puisqu’il le sait timide par exemple (cf. 2 Tm 1.6s), mais il avait compris que « la promesse » concernant la jeune génération tient avant tout  à la fidélité de Dieu qui choisit et forme des hommes et des femmes selon son cœur. Notons toutefois que cette « promesse », aussi certaine soit-elle, ne nous prémunit pas contre les échecs ou les déconvenues et, ne nous évite pas les combats. Il faut donc faire preuve de patience !

Un simple rappel pour nous encourager : vous souvenez-vous combien il vous a fallu d’années pour enfin « tenir la route » ?

Persévérez donc et cherchez dans votre entourage les jeunes leaders « à promesses » parmi les Y et les Z : Dieu les a déjà choisis !

 

Alain STAMP
Président du Comité consultatif

 

1 Expression trouvée dans le livre Enfants à risques, enfants à promesses, T. S. Stuart & C. Bostrom, CLC/Famille Je t’aime, 2016.

2 Ibid. page p. 31.

3 1 et 2 Timothée