Pour des Églises où toutes les générations sont accueillies et actives

« C’est ainsi que je me fais tout à tous, afin d’en conduire au moins quelques-uns au salut, par tous les moyens. » (1 Co 9.22)

L’apôtre Paul vit selon ce principe de l’Évangile et l’énonce pour nous interpeller : sommes-nous prêts à une souplesse radicale afin de permettre au plus grand nombre de recevoir la réconciliation par Jésus-Christ ? Ce principe nous vient de l’Évangile lui-même : par son incarnation et surtout par sa mort, Jésus s’est fait « tout à tous » pour en sauver quelques-uns.

Cette parole nous oblige à réfléchir à notre ouverture générationnelle : y a-t-il, dans notre façon de vivre l’Église, des obstacles inutiles qui nous empêchent de toucher les plus jeunes ou les plus âgés ? Y aurait-il dans notre accueil ou dans notre fonctionnement, des manières de mieux accueillir toutes les générations ? Dans notre petite Église locale, par exemple, nous avons récemment pris la décision de mieux inclure les enfants de 3-7 ans lors de la première partie de nos célébrations. Ce n’est pas grand-chose —un chant avec des gestes, un petit quiz ou un jeu— mais c’est utile pour les enfants et leurs parents. Nous sommes convaincus que c’est à chacun de se remettre en question régulièrement : qui pourrait-on mieux accueillir parmi nous et comment ? Et ce qui est vrai pour l’accueil l’est aussi pour la communication de l’Évangile.

Mais c’est tout aussi vrai pour notre vie en tant que corps de Christ : « Vous êtes le corps de Christ et chacun de vous en particulier en est un membre. » (1 Cor 12,27) Comment pouvons-nous traduire cette réalité du corps, avec les yeux, les oreilles, les pieds et les mains, pour que chacun ait une place et que chacun soit « à sa place » ? Aujourd’hui en France le défi le plus fréquent pour les Églises, c’est de donner une vraie place aux jeunes. Pour cela, il faut être proactif et avoir le souci d’inclure les plus jeunes, les aider à s’intégrer, les faire participer à la vie de l’Église pour qu’ils se sentent utiles et appréciés. À l’inverse, ce sont parfois les plus mûrs qui ne sont pas bien intégrés ou pris en compte dans la vie de nos Églises locales. Quoi qu’il en soit, l’intégration des uns ou des autres passe par une méditation attentive de l’Évangile pour revisiter notre pratique « ordinaire ». Parce que Jésus s’est adapté à nous, de la façon la plus radicale, nous voulons imiter son amour en nous adaptant à tous ceux qu’Il met sur notre chemin.

Que pourrait-on changer facilement pour y parvenir ? L’horaire de la rencontre principale ? Est-ce que des jeunes seraient mieux accueillis à 11h plutôt qu’à 10 ? Ou faut-il leur proposer une autre alternative, une célébration le dimanche en fin de journée ou vers midi ?

Cette réflexion n’est qu’un (minuscule) début : soyons courageux et audacieux pour que toutes les générations puissent bien vivre l’Église et ce, pour l’honneur de Jésus.

 

Edouard NELSON
Vice président du Cnef