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Jean-Luc TABAILLOUX
14 octobre 2020
Manifestation du 10 octobre 2020

Manifestation du 10 octobre 2020

Discours de Jean-Luc TABAILLOUX, membre d'une Association Familiale Protestante en Isère et Délégué Départemental du CNEF 38, prononcé à Grenoble lors de la manifestation du samedi 10 octobre 2020.

Au delà des étiquettes je suis venu pour dire en tant que citoyen et avec vous : Non ! à ce projet de loi qui n’est Ni Bio Ni Éthique. Je ne commenterai pas tous les défauts de ce projet de loi en l’état. D’autres l’ont fait beaucoup mieux que moi.

Vous le savez peut être, mais nos députés viennent de s’exprimer en faveur de l'allongement "du délai légal de recours à l'avortement, qui est donc passé de 12 à 14 semaines de gestation. Date après laquelle il est possible de déterminer s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille à l'échographie. Tout en reconnaissant la détresse de nombreuses femmes abandonnées par leur conjoint et le reste de leur entourage, et qui se retrouvent ainsi seules, pour assumer leur grossesse, je me pose la question suivante et vous vous la posez peut être aussi :

Notre République n'a-t-elle rien de mieux à leur proposer sur un plan pratique qu'un geste mortifère de plus ?

Un geste par lequel elles seront meurtries dans leur chair comme dans leur psychisme avec des conséquences parfois dramatiques. Ne pourrait on mieux les accompagner et les soutenir ?

Tout en reconnaissant que c’est un sujet délicat, douloureux et passionnel pour toutes les parties concernées, et sans minimiser les souffrances et la complexité des situations de celles qui en font la demande, cette question de conscience ne peut être évacuée par un trait de plume . Au cours des derniers débats sur ce sujet , des voix se sont élevées pour demander la suppression de la clause de conscience spécifique à l'IVG des médecins, afin qu'ils ne refusent plus de pratiquer ces avortements qui nécessitent des moyens mécaniques pour extraire un fœtus déjà bien formé et dont on peut, à partir de la 13ème semaine, déterminer le sexe.

La liberté de conscience des médecins et de tout le personnel médical a donc été mise dans la balance. Le professeur Israël Nisand explique la difficulté des personnels de santé qui comprennent fort bien le geste et la portée de l’acte qu’il leur est demandé d’opérer.

Il a expliqué cette difficulté récemment, et ses propos sont rapportés dans le Journal La Croix (du 17/09/20), il a déclaré :

"La tête du fœtus est ossifiée et il faut l'écraser. Le geste est donc terrible pour celui qui le fait et la patiente." Et certains ajoutent par ailleurs : “pour celui ou celle qui le subit également”.

Il est à noter que l’allongement de la date limite de l’IVG de 10 à 12 semaines, voté en juillet 2001, n’a pas empêché le nombre d’IVG d’augmenter et d’atteindre le chiffre record de 232 000 en 2019. De plus, avec l’allongement des délais légaux , certains craignent maintenant que des foetus soient avortés dans notre pays de manière sélective, du seul fait d’appartenir au genre féminin.

“Dans une « société normale », la proportion de femmes est égale ou un peu supérieure à celle des hommes. “

Or dans certains grand pays d’Asie aujourd’hui, le ratio homme / femme a été inversé dans certaines régions. Les fœtus de sexe féminin sont régulièrement avortés de manière sélective pour des raisons culturelles ou religieuses, ou simplement financières. Cette forme d’eugénisme à grande échelle, est rendue possible par un détournement manifeste et pervers de l’imagerie médicale dans ces pays là. Ce n’est ni plus ni moins qu’une forme de féminicide avant terme qui a un impact catastrophique sur des populations entières en manque de filles à marier.

Je nous pose la question : Avec ce projet de loi qui vient d'être voté, ne vient on pas d’entrouvrir une porte à ce genre de dérive dans notre pays ?

De plus, dans ce projet de loi qui n’est ni Bio ni Éthique, et qui a provoqué le rassemblement d’aujourd’hui, il y a une monstruosité. Il est maintenant proposé de donner la possibilité d’avorter jusqu’au 9ème mois de gestation, pour raison de “détresse psycho sociale”. M’avez vous bien entendu ? Oui vous avez bien entendu ….9ème mois de grossesse !

Je vous pose la question ainsi qu’aux représentants de la nation : Quelle différence y- a- t- il entre un bébé en parfaite santé sur le point de naître après 9 mois révolus de gestation et un bébé né il y a 5 minutes ? Il n’y en a objectivement aucune ! N’ayons donc pas peur des mots pour appeler le mal par son nom. Sans quoi notre relativisme féroce signera la perte de notre liberté et de notre démocratie.

Par ailleurs, nombre de scrutateurs de ce projet de loi font remarquer que le terme de “détresse psycho sociale“ est des plus flous. Son interprétation est la porte ouverte à tous les dérapages et tous les excès au nom d’une liberté individuelle qui se fera au dépend de la fraternité. A ce stade certains n’hésitent donc plus à qualifier cette proposition “d’infanticide légalisé”. Oui je sais le mot est fort.

Mais ce qui est légal est il forcément moral ? Dans de nombreux pays du sud comme de l’ouest l’esclavage était légal. Dans la Rome antique, l’infanticide l’était aussi, surtout celui des petites filles, etc. Si la vie d’un être sur le point de naître, sans défense, plein de vie et en bonne santé laisse aujourd’hui indifférent le législateur, on peut se poser une autre question.

Que pourrait il se passer demain quand vous et moi nous serons devenus de par notre vieillesse ou la maladie, une source de “détresse psycho sociale “ pour nos proches et un poids économique car improductifs pour la collectivité ? Et si en plus les caisses de la sécu sont vides ...!!! Rappelons nous dans l’histoire récente, à l’Est comme à l’Ouest , combien les régimes totalitaires ont été sans pitié pour les faibles. Cette question n’est donc pas d’ordre rhétorique mais de l’ordre du possible si nous n’y veillons pas collectivement.

  • Si nos élus venaient demain à supprimer la clause de conscience du médecin, est ce que nous réalisons que c'est le pouvoir politique qui se mettra alors entre les patientes et leur médecin. Le pouvoir politique pourra se substituer à ce dernier dans leur prise de décision. Une décision qui ne devrait relever que du domaine médical et non du politique. Une décision d’un médecin cherchant l’intérêt de ses patients et qui devrait être le seul habilité à décider en pleine liberté de conscience, de l'opportunité ou pas, de poser un geste médical aussi grave.
  • Si très bientôt la clause de conscience venait à être redéfinie ou remise en cause pour rendre ce geste innommable possible que se passerait il ? Les praticiens “même laïcs” , qui ont fait le serment d'Hippocrate et qui s'étaient engagés à protéger la vie de leurs patients par la pratique de leur noble métier, se verraient obligés de transgresser leur promesse et engagement solennel.
  • Si la clause de conscience des praticiens est redéfinie ou remise en cause , cela reviendra de facto à faire acte de discrimination envers les médecins, sages-femmes, infirmiers, etc... qu’ils soient d'obédience chrétienne, israélite ou musulmane, ou simplement humaniste ou agnostiques …et qui respectent la vie de manière sacrée.

Tout croyant qui travaille dans ce domaine et qui s'honore, risque d'avoir à démissionner de son poste à l’hôpital public. Pire, ils risquent fort d’être discriminés à l'entrée des écoles. Ils devront choisir d'autres professions qui ne les obligent pas à transgresser leur foi, ou leur conviction et leur conscience, en ôtant une vie qu'ils considèrent comme sacrée.

Est-ce que la République veut aller dans cette direction à un moment où le manque de praticiens est criant ? Si la vie d’un bébé, n’est pas sacrée, rien n’est sacré, tout se vaut et au final plus rien n’aura d’importance. Ni votre vie, ni la mienne. Et les droits humains, fruits de la pensée judéo-chrétienne continueront à reculer. Est ce le monde que nous voulons ?

Ecrivons donc respectueusement en tant que citoyens à tous nos députés et sénateurs pour leur dire ce que nous pensons. Pour leur demander de retirer cette loi qui n’est Ni bio Ni éthique. Demandons leur de tenir compte de ces questions en leur âme et conscience avant de voter ce projet de loi catastrophique pour toutes les parties concernées. Rien n’est inéluctable dans cette affaire.

Notre liberté individuelle doit elle se faire aux frais de la fraternité ?

Il est toujours préférable de chercher la prévention du pire avant d’avoir à chercher la rédemption, certes toujours possible, mais dans les larmes, une fois l'irréparable commis. Il y a longtemps quelqu’un de très célèbre et très important, qui a influencé profondément notre code civile pour le meilleur a dit : “ j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin de vivre, toi et ta descendance”. Il s’agit de Moïse dans La Bible.

En ce qui me concerne j’ai choisi. Et vous ?

Que Dieu vous bénisse.

Photo : source

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