Foi & IA : une journée pour penser l'IA à la lumière de l'Évangile
Le 10 mai, le CNEF a rassemblé à Paris une centaine de chrétiens travaillant dans la tech ou s’intéressant aux enjeux numériques, pour une journée de réflexion autour d’un thème brûlant : comment aborder l’intelligence artificielle avec un regard biblique et éthique ?
Théologiens, entrepreneurs et experts du droit numérique se sont succédé pour offrir une vision riche et nuancée de ce que l’IA peut apporter… et des précautions à prendre.
L’IA à la lumière de la Bible
Dès l’ouverture, la table ronde théologique réunissant Gilles Boucomont, Benjamin Eggen, David Métreau et Esteban Caballero a posé le cadre : si la Bible ne parle pas directement d’intelligence artificielle, elle nous donne des principes intemporels.
La dignité humaine, la responsabilité de l’homme comme gardien de la création, et la hiérarchie entre Dieu, l’humain et la technologie sont des repères indispensables.
L’IA, outil capable de générer mais pas de créer, doit être utilisée avec discernement, surtout face à ses “hallucinations” et erreurs. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de former les jeunes à un usage critique et de vérifier systématiquement les contenus, notamment bibliques, produits par ces outils.
L’IA au service du travail et de la mission
La réflexion s’est prolongée sur le terrain entrepreneurial et professionnel. Des créateurs de start-up et consultants ont partagé leur expérience de l’IA comme levier pour optimiser les tâches administratives, aussi bien dans le monde des affaires que dans les églises. Objectif : libérer du temps pour les relations humaines et la vie spirituelle.
Mais le message était clair : la technologie ne doit pas remplacer les interactions authentiques ni devenir un substitut à la guidance spirituelle. Les participants ont souligné l’importance de s’entourer de mentors et d’aligner toute innovation avec des valeurs chrétiennes solides, afin que l’IA serve réellement le bien commun.
Libertés fondamentales et éthique numérique
La journée s’est conclue sur un enjeu sociétal et spirituel majeur : la protection des libertés de pensée et de religion à l’ère du numérique. À travers la métaphore de l’iceberg, Nancy Lefèvre a rappelé que la partie invisible de notre liberté – notre vie intérieure – est menacée par la surveillance numérique, la manipulation via l’IA et la désinformation. Elle a proposé trois filtres pour guider le développement technologique :
- Promouvoir le pluralisme
- Protéger la vie privée mentale
- Maximiser la diversité d’expression
Cet appel à la vigilance résonne particulièrement pour les chrétiens, invités à défendre activement ces libertés tout en restant acteurs du débat public sur l’usage de l’IA.
Un appel à la sagesse
Au fil des échanges, un consensus s’est dégagé : l’intelligence artificielle est un outil puissant, mais qui ne doit jamais éclipser la primauté de Dieu ni la centralité de l’humain.
Cette journée a montré qu’il est possible d’aborder l’IA avec curiosité et ouverture, tout en gardant un esprit critique et en restant fermement ancrés dans les valeurs de l’Évangile.
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