"Ce fut un véritable rendez-vous avec Dieu"
Du désert spirituel à l’art prophétique
Pendant plus de vingt ans, Joëlle Westphal a servi au sein de l’Armée du Salut aux côtés de son mari. Une vie entièrement consacrée à Dieu, marquée par l’engagement, la fidélité et le don de soi. Mais au milieu de ce parcours, une fatigue profonde s’installe, ouvrant une période de désert spirituel. C’est à travers cette traversée que va s’ouvrir, de manière inattendue, un chemin de restauration et de renouveau. Aujourd’hui, Joëlle développe un ministère d’art prophétique, convaincue que Dieu peut parler, consoler et encourager à travers la création artistique.
Joëlle Westphal a 65 ans. Née dans une famille salutiste depuis plusieurs générations, elle grandit au sein de l’Armée du Salut, un cadre qu’elle n’a jamais vraiment quitté. Avec son mari, elle répond très tôt à un appel au service à plein temps. Formés à Toronto, au Canada, ils deviennent officiers (l’équivalent de pasteurs) avant d’être envoyés dans des contextes très variés : une réserve amérindienne au Canada, puis plusieurs villes en France, auprès de personnes sans domicile fixe à Dunkerque, de lycéens à Nîmes, ou encore dans un quartier prioritaire à Metz.
« Notre vie était organisée autour du service »
À cette époque, la foi structure toute leur existence. « Toute notre vie était organisée autour du service », explique Joëlle. Servir Dieu, servir les autres, répondre aux besoins, porter les responsabilités. Avec le recul, elle reconnaît que cet engagement total s’est parfois fait au détriment d’eux-mêmes. Le désir de servir Dieu était bien réel, mais passait exclusivement par le service de l’institution.
C’est dans ce contexte qu’ils vont traverser un désert spirituel autour de la quarantaine, notamment lors de leur temps à Nîmes. Il ne s’agit pas d’un abandon de la foi, mais d’une fatigue intérieure profonde, comme si quelque chose s’était essoufflé.
Le tournant survient en 2008, lors d’une conférence à Bordeaux destinée aux pasteurs et à leurs épouses. Ils y vont sans attente particulière, simplement avec le désir d’être bénis. Ce rendez-vous devient une véritable visitation de Dieu. Joie intense, consolation profonde, guérison physique pour son mari, paroles d’encouragement reçues de la part d’autres chrétiens. Il y a un avant et un après. Leur foi est renouvelée, leur manière de servir transformée.
L’année suivante, ils quittent l’Armée du Salut. Une décision mûrie, prise dans la paix, après avoir « bouclé la boucle ». Ils ressentent alors le besoin de changer d’air, de prendre du recul. L’Angleterre s’impose sans être un projet précis, comme un lieu de transition. Quelques mois après leur arrivée, l’Église qu’ils fréquentent annonce la création d’une école de formation au surnaturel. Joëlle comprend alors que ce déplacement n’est pas anodin.
C’est en Angleterre que quelque chose s’éclaire pleinement pour elle. Depuis longtemps, Joëlle peint. Jusqu’alors, l’art restait intime, personnel. À la suite de ce renouveau spirituel, elle comprend que Dieu peut utiliser la peinture comme un langage, un moyen de communication. Ses tableaux deviennent peu à peu un outil pour bénir, encourager, consoler.
« Quand je peins, je prie, je demande à Dieu quel message Il souhaite transmettre »
Pour Joëlle, l’art prophétique consiste à laisser Dieu parler à travers la création. « Quand je peins, je prie, je demande à Dieu quel message Il souhaite transmettre. » Ses œuvres portent aussi les traces de sa propre restauration intérieure. L’un de ses premiers tableaux s’inspire de la vision d’Ézéchiel et de la vallée des ossements desséchés. En le peignant, elle a eu le sentiment que cette vallée représentait à la fois sa propre vie et l’Église, appelée à revivre sous le souffle de Dieu.
Les fruits ne tardent pas à apparaître. Des personnes témoignent de paroles justes, reçues au bon moment. Un coach sportif, en Belgique, reçoit un tableau commandé pour son anniversaire, accroché dans sa salle de sport, il devient pour lui un soutien quotidien. Une autre personne fond en larmes en découvrant une œuvre qui fait écho, de manière très précise, au lieu de sa rencontre avec Jésus. Pour Joëlle, ces témoignages confirment que Dieu connaît chacun dans le détail de son histoire.
« Dieu a toujours été là »
À ceux qui traversent aujourd’hui un désert spirituel, elle souhaite dire que la créativité peut être une clé. « Nous sommes créés à l’image d’un Dieu créateur. » Peu importe la forme qu’elle prend : art, musique, écriture, cuisine ou encore photographie. Pour elle, cette redécouverte a été une source de vie et d’oxygène spirituel. « Dieu n’oublie pas ceux qui traversent le désert. Il y a un chemin, même s’il n’est pas encore visible. »
Avec le recul, son parcours parle avant tout de la fidélité de Dieu. « Il a toujours été là, jusque dans les détails. » Aujourd’hui encore, en repensant à son histoire, Joëlle est profondément émue. « Dieu est fidèle, et Il est bon. »
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Au travers de la série "Témoignages de terrain", le CNEF souhaite mettre en lumière des initiatives locales qui font vivre l’Évangile au cœur des territoires, afin d'inspirer et encourager chacun à s’engager, là où Dieu l’a placé.
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