"Nos maisons peuvent devenir des lieux d'accueil, de guérison et de salut"
La table comme lieu d’évangélisation
💬Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Matt Marvane, j’ai 43 ans. Je suis marié avec Sarah depuis bientôt 21 ans et nous avons trois enfants. Nous vivons à Lyon depuis huit ans. Avec mon épouse, nous sommes pasteurs de l’Église SOS Lyon, une communauté qui a démarré très simplement dans notre salon en 2019.
💬Qu’est-ce qui vous a conduit à vous installer à Lyon ?
À la base, nous vivions à Dijon. Mais nous avons eu la conviction qu’une nouvelle page de notre histoire devait s’écrire ailleurs. Nous avons donc tout quitté : nous avons vendu notre maison, quitté nos emplois, et nous sommes venus nous installer à Lyon.
C’est tout simplement la ville qui a résonné dans notre cœur lorsque nous avons senti que Dieu nous appelait à commencer quelque chose de nouveau. En arrivant, notre désir était de lancer le projet Résistance : un mouvement de louange et de prière destiné à rassembler les chrétiens de la région lyonnaise pour prier pour notre pays.
💬Vous parlez souvent d’avoir grandi dans une maison où la porte était toujours ouverte. En quoi cela a-t-il façonné votre manière de vivre la mission ?
Dans la maison de mes parents, il y avait toujours du monde. Aussi bien le dimanche que pendant la semaine. Je me souviens notamment des veillées de Noël. Le 24 décembre, mon père allait parfois chercher des personnes sans-abri dans la rue pour les inviter à manger avec nous. On partageait un repas, on leur offrait des vêtements, parfois une douche.
Nous avons aussi accueilli des personnes en grande difficulté, des toxicomanes, des gens qui traversaient des moments très durs. J’ai même partagé ma chambre pendant des années avec des personnes que mes parents hébergeaient. Grandir dans cette culture de l’accueil m’a profondément marqué. Aujourd’hui encore, c’est quelque chose de très ancré dans notre manière de vivre.
💬Comment cette culture de l’hospitalité s’exprime-t-elle aujourd’hui ?
Pour certains, l’hospitalité semble naturelle, mais pour d’autres elle ne l’est pas du tout. C’est quelque chose qui peut s’apprendre. Dans les grandes villes, j’ai l’impression que chacun vit un peu replié sur soi. On peut avoir de grands espaces, mais les portes restent fermées.
L’hospitalité commence simplement par ouvrir sa porte, créer du lien, être intentionnel. Cela peut commencer par dire bonjour à son voisin, prendre le temps de discuter, ou l’inviter à venir boire un café. Rendre sa maison accessible est déjà une manière très concrète de vivre l’Évangile.
💬La table peut ainsi devenir un lieu pour annoncer l’Évangile ?
Oui ! Parce que c’est un outil que tout le monde possède déjà. Et quand on regarde les Évangiles, on voit que Jésus a passé énormément de temps autour d’une table. Il a même été critiqué pour cela, parce qu’il mangeait avec des personnes considérées comme infréquentables.
Je pense notamment à l’histoire de Zachée. Jésus entre dans sa maison, s’assoit à sa table, partage un repas avec lui, et c’est là que sa vie bascule. Dans notre culture, où l’on aime se retrouver pour manger ensemble, la table reste un lieu privilégié pour accueillir quelqu’un, lui montrer qu’il compte et qu’il a de la valeur.
💬Avez-vous un exemple concret d’évangélisation autour d’un repas ?
Je pense à un voisin que nous avions, Jean-Luc. C’était un homme profondément marqué par la tristesse et l’alcool, après le décès de sa femme.
Un jour, nous l’avons simplement invité à boire un thé sur notre balcon. Il se sentait très indigne. Il nous demandait : « Pourquoi vous faites ça pour moi ? ». Pour nous, ce n’était pas un devoir. C’était simplement l’expression de notre compassion.
À partir de là, une relation s’est nouée. Nous avons pu l’accompagner spirituellement, jusqu’à ce qu’il place sa foi en Jésus. Et plus tard, on m’a même demandé de célébrer ses obsèques. Tout a commencé par un simple thé partagé à la maison.
💬Avez-vous vu d’autres fruits de cette hospitalité ?
Oui, bien sûr. Dans l’immeuble où nous vivions encore jusqu’à récemment, nous avions l’habitude d’inviter nos voisins. Un jour, nous avons invité un homme du troisième étage à dîner. La conversation s’est engagée et il a commencé à nous poser des questions sur notre foi.
Nous lui avons offert une Bible. Quelques semaines plus tard, il nous a dit : « La Bible que vous m’avez donnée, je la lis… et ça me parle. » Il avait commencé à découvrir l’Évangile. Nous avons ensuite pu l’accompagner dans sa foi, ainsi que sa compagne. Encore une fois, tout a commencé autour d’une table.
💬Comment encourager les membres d’Église à mettre cela en pratique ?
Je dis souvent une chose très simple : entre votre maison et celle de votre voisin, il n’y a qu’une porte. Et Jésus a dit : « Je suis la porte. » Si Jésus était à notre place, ouvrirait-il cette porte pour accueillir quelqu’un ?
Nos maisons peuvent devenir des lieux d’accueil, de transformation, de guérison et de salut. Et cela ne demande pas forcément d’organiser de grands repas. Parfois il suffit d’inviter quelqu’un à boire un café ou à partager un simple repas.
Beaucoup de personnes qui viennent chez nous nous disent : « On se sent bien ici. » Je crois que c’est simplement la présence de Dieu. Alors je dirais une chose aux chrétiens : ne privons personne de la présence de Dieu qui demeure dans nos maisons.
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Au travers de la série "Témoignages de terrain", le CNEF souhaite mettre en lumière des initiatives locales qui font vivre l’Évangile au cœur des territoires, afin d'inspirer et encourager chacun à s’engager, là où Dieu l’a placé.
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